NUIT

Courte pièce pour trois jongleurs
sur répertoire pour quatuor à cordes

On pourrait imaginer trois personnages dans un espace clos, c’est la nuit, il fait noir. Voici notre toile de fond, sans image, ni son.
Puis, un bruit qui appelle la lumière, quelques figures, une flamme, une balle. Ce sont les protagonistes.
Maintenant chaque figure tente d’investir l’ordre des choses, de peupler la nuit : ce n’est plus une balle, c’est une foule, un troupeau, une vermine, qui entre par les portes et les fenêtres. C’est un essaim, une fourmilière, peut-être une tribu.
Tirées de leur nuit, les silhouettes apparaissent alors. Un visage en rencontre un autre. La vie s’organise pour tenter malgré tout de refaire silence et ramener l’obscurité. Il y a toutes sortes de mystères et cette lumière qui brisent sans cesse l’ordre continu du temps.

C’est dans une proximité qui laisse fuiter les bruits de toutes parts que l’œil du spectateur s’habitue à la faible lumière de quelques bougies, et qu’alors toutes les perceptions se teintent de l’esprit de la magie.

Intentions

« Les corps présents sont incarnés, vifs.
Trois personnages en présence, chacun son caractère, ses dispositions, sa vitesse, mais aussi sa posture quant à l’enjeu recherché.
Le temps s’écoule au rythme des actions et le spectateur vit ce temps avec empathie : les choses lui arrivent en même temps qu’aux protagonistes.
NUIT se construit dans un rythme causal, mécaniste, qui entretient fortement une relation de sympathie et de proximité entre acteurs et spectateurs.

La musicalité de la pièce n’est pas donnée d’avance, elle se construit petit à petit, dans les durées vécues des personnages, leurs rythmes corporels propres : la vie des personnages va imprimer son rythme à la musique de la pièce, la produire en contaminant le temps.

Les actions sont rarement produites, elles sont le fruit de contingences. Et quand elles sont produites, elles induisent des effets qui n’étaient pas escomptés : elles induisent de nouvelles contingences.
Les personnages sont donc sans cesse soumis à des contingences qu’ils découvrent.

La magie produit des événements merveilleux, incompréhensibles à première vue. L’écriture emmène les personnages comme elle emmène le spectateur : par identification. Les figures réagissent de manière primaire, simple, comme l’aurait fait naturellement le spectateur : le chemin est évident mais pas la destination. C’est le changement perpétuel de destination des actions qui soutient la tension dramatique souhaitée. »

 

Teaser - NUIT

Création Création 2015

Durée : 45 minutes

Images - NUIT

© Ian Grandjean

NUIT et le jeune public

Cette notion qui pour nous ne se limite pas au public « jeune », englobe tous ceux qui n’ont pas de construction raisonnée de leur activité de spectateur. Nous partons de l’idée que ce n’est pas au spectateur de venir avec le bon décodeur pour voir notre pièce mais que c’est à nous de construire face à lui et avec lui la cohérence de notre écriture.

C’est par la juxtaposition d’éléments simples (une action, un lancer, un geste) que se construit petit à petit l’action et sa cohérence. Nous distillons les codes de lecture par récurrence au fur et à mesure de l’avancée du drame en suscitant chez le spectateur des attentes, des mécanismes d’identification, des surprises dues à des ruptures dans les phénomènes de répétition/variation.

Lors de notre travail de plateau, le lien au jeune public prend corps au travers de nouveaux types de relations émergentes d’une multiplicité d’éléments simples et quotidiens posés dans un espace et dans une durée. Jongler ensemble peut être perçu comme un acte très quotidien.

Ces éléments ne sont pas référencés ou ne nécessitent pas de connaissance préalable pour être perçus. C’est dans leur mise en jeu relative qu’une cohérence prend forme petit à petit dans l’oreille, les yeux, le cerveau du spectateur, alors convié à se faire le narrateur de sa propre histoire.

Extrait de presse

  • Le Collectif Petit Travers ou l’art du mélange

    La petite forme ciselée de NUIT est empreinte de magie et de mélancolie. Trois jongleurs se croisent, se cherchent, s’esquivent et se défient à balles […] comme autant de corps insomniaques en proie au désir et au manque.

    Stradda 25•02•2016
  • Une NUIT sans travers

    NUIT n’est pas vraiment un spectacle obscur et c’est heureux car chacun – petits et grands –y trouve son compte. Une forme d’écriture cinématographique s’impose naturellement, à un point qu’on croirait assister à un film muet de l’entre-deux-guerres. Dans cet univers joliment désuet, alimenté par des bribes de musique baroque, s’expriment les corps qui tourbillonnent au rythme des objets. […] NUIT a beau s’inscrire dans un format court, la densité du propos suscite d’un bout à l’autre un authentique appétit visuel.

    LE TÉLÉGRAMME 25•01•2017
  • Dans la nuit persistent les étoiles

    Le Collectif Petit Travers œuvre à éveiller les sens. La sensibilité exacerbée des trois créateurs-jongleurs rebondit aujourd’hui entre les quatre murs qui se dressent sur scène […] et c’est peu dire aujourd’hui que la poésie s’est déplacée sur le plateau.

    RUE DU THÉÂTRE 29•10•2015

Dates - Saison 20182019

octobre 2018

novembre 2018

décembre 2018

  • 04 décembre La Chapelle-sur-erdre (FR)
    Capellia

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