Le Collectif

L’activité du Collectif Petit Travers est principalement centrée sur la création et la diffusion de pièces de jonglage de grand format et la transmission pédagogique qui en découle.

Le Collectif Petit Travers a été fondé en 2004.

Depuis 2011, les directions artistiques sont impulsées conjointement par Nicolas Mathis et Julien Clément.

L’activité de la compagnie est principalement centrée sur la production et la diffusion de pièces de jonglage de grand format et la transmission pédagogique.

En quinze ans, un répertoire de huit pièces, une création amateurs et quatre petites formes a vu le jour, totalisant plus de 1000 représentations à travers le monde (Angleterre, Allemagne, Italie, Danemark, Finlande, Hongrie, Espagne, Portugal, Cambodge, Laos, Chine, Argentine, Chili, Israël, Turquie…). Des rencontres fortes avec de grands noms de la Danse (Pina Bausch, Maguy Marin, Joseph Nadj), du Cirque (Jérôme Thomas) et de la Musique (Sébastien Daucé, Pierre Jodlowski, Ensemble TaCTuS) ont lieu en chemin. Certaines sont devenues des collaborations, concrétisant ainsi la dynamique d’ouverture qui depuis l’origine nourrit cette écriture du jonglage de l’intérieur.

Philosophie

Chaque membre du collectif est porteur d’un savoir faire pointu et ouvert dans les domaines du cirque, de la composition musicale ou de la danse. Chacun se spécialise en s’ouvrant aux pratiques de l’autre. Le questionnement riche est celui qui convoque la pluralité des voix dans son avancée solitaire. Le travail demande le courage de la solitude, par notre regroupement en collectif nous essayons de peupler ces solitudes des expériences de chacun. Chaque discipline pénètre le territoire de l’autre de ses questionnements propres faisant ainsi de notre jonglage un domaine à part entière dans la nébuleuse du spectacle vivant.

Le vivant, c’est ce dont on ne finit jamais de faire le tour.

Équipe artistique

Nicolas Mathis

Nicolas se forme d’abord à l’École du Cirque Plume pendant son enfance, avant de se consacrer à diverses études universitaires (mathématiques et philosophie). Il entre au studio de création du Lido -Centre de formation aux arts du cirque de Toulouse- en 2001, et crée Le Petit Travers en duo avec Denis Fargeton en 2002. En 2004, il co-fonde le Collectif Petit Travers pour la création du spectacle Le parti pris des choses, pièce lauréate des Jeunes Talents Cirque Europe cette année là. Depuis 2011, il co-dirige la compagnie en duo avec Julien Clément. Il est co-auteur des pièces : Le Petit Travers, Le Parti pris des choses, Pan-pot ou modérément chantant, Les Beaux Orages qui nous étaient promis, Les Moissons, NUIT, Dans les plis du paysage, Ornements.

Lire la suite

Julien Clément

Après une riche découverte du cirque et de la scène à l’école de loisirs du Cirque Plume en 1987, Julien se forme au Centre National des Arts du Cirque. Il rejoint le Collectif Petit Travers en 2006 pour la création de Pan-pot ou modérément chantant. Depuis 2011, il assure la co-direction artistique du Collectif et signe avec d’autres les mises en scène de Les Beaux Orages qui nous étaient promis, Les Moissons, NUIT, Dans les plis du paysage, puis le duo Formule en 2017 avec le batteur Pierre Pollet. Julien intervient régulièrement dans le cursus de formations de jeunes jongleurs et plus largement dans divers formats de stages en France et à l’étranger. Il est regard extérieur sur Kosm (Simon Carrot), Celui qui tombe (Yoann Bourgeois), Portrait de quelqu’un qui fait quelque chose (Boris Lozneau), L’or blanc (Bonthoeun Houn), Fragments et Dehors.

Lire la suite

Marie Papon

Formée initialement à la danse en région bordelaise, elle poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon puis intègre la formation « De l’interprète à l’auteur » au Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape / Cie Maguy Marin. Elle est ensuite interprète pour différentes compagnies parmi lesquelles la compagnie Maguy Marin, dans May B, la compagnie du Nouveau Jour, l’Étranger Théâtre, les Rhizophages, la compagnie Wejna et la compagnie Parc. En parallèle, elle crée en 2008 sa première pièce WibstückR, puis Ahwa qu’elle crée au Liban lors d’un projet de collaboration internationale. Depuis 2010, elle co-gère le LIEUES – espace de travail partagé à Lyon. Elle rejoint le Collectif Petit Travers en 2013 pour la création de Dans les plis du paysage et y développe largement son approche de la pédagogie au sein d’ateliers de création en lien avec les spectacles.

Lire la suite

Martin Barré

Martin s’intéresse au jonglage et à la musique dans sa jeunesse et se dirige alors vers le cirque. Il se forme en tant que porteur en main à main, acrobate et trampoliniste, en profite pour essayer un maximum de choses et pense à intégrer l’école nationale…
En 2002, il rencontre Andy de Groat dont il devient assistant et interprète pour plus d’une vingtaine de projets. Il travaille ensuite au sein du Collectif Petit Travers en tant que régisseur, assistant, interprète et poursuit ses projets de création chorégraphique au sein de sa propre compagnie Percept ou auprès de chorégraphes tels que Nance Martin ou Camille Ollagnier.

 

Lire la suite

Neta Oren

Neta vient d’Israël. En 2010, elle commence sa formation à « L’école de Cirque de Lyon », elle y crée son solo de jonglage balles avec lequel elle joue dans plusieurs festivals de cirque à travers le monde. En 2012, elle rentre à l’école de cirque « Le Lido » à Toulouse où elle continue à développer sa recherche. Simultanément, elle est interprète pour la compagnie Yoann Bourgeois dans la création Les Fugues. Une fois sa formation achevée, elle rejoint la compagnie EaEo pour leur création All The Fun. En 2016, elle monte la compagnie Stoptoi pour la création du spectacle Loop. En 2017, elle rejoint le Collectif Petit ravers plusieurs fois rencontré au cours de sa formation pour la petite forme Ornements et la création du spectacle Encore la vie.
Lire la suite

Denis Fargeton

Denis découvre l’acrobatie à l’école de cirque de Chambéry. La discipline est ludique mais il lui préfère le jonglage… En 2000, Denis intègre le studio de création du Lido à Toulouse et créé Le Petit Travers en duo avec Nicolas Mathis. La pièce tourne largement et il se consacre alors à un vaste apprentissage de la composition instrumentale qu’il poursuivra au CNSMD de Lyon avant d’intégrer l’IRCAM et son département composition dont il sort en 2017. Depuis Pan-pot ou modérément chantant qu’il co-signe en 2009, Denis a collaboré à l’agencement musical du spectacle NUIT en 2015, a repris un rôle pour Dans les plis du paysage et s’investit régulièrement sur le volet des actions culturelles proposées par le Collectif.

Lire la suite

Ursula Alvarez

Ursula Alvarez Heredia se passionne très tôt pour l’accompagnement et poursuit un double cursus (piano et accompagnement) au CNSMD de Lyon d’où elle sort diplômée. Caractérisée par sa polyvalence, elle intègre diverses formations de musique de chambre et cherche très vite à enrichir son univers musical en le rapprochant des mondes de la danse et du cirque. Pan-pot ou modérément chantant, avec le Collectif Petit Travers, devient alors l’occasion de réaliser cette association fertile. Désireuse de partager son expérience, elle obtient un Master Pédagogique. Elle dispense son enseignement au CNSMD de Lyon depuis 2016.

Lire la suite

Répertoire

  • 2003 : Le Petit Travers
  • 2005 : Le Parti pris des choses
  • 2009 : Pan-pot ou modérément chantant
  • 2009 : Ukiyo-e
  • 2012 : Femelle
  • 2013 : Les Beaux Orages qui nous étaient promis
  • 2015 : NUIT
  • 2016 : Dans les plis du paysage
  • 2017 : Études et courtes formes : Formule et Ornements
  • 2018 : Études et courtes formes : Fragments et Dehors
  • 2018 : Nos Chemins, courtes pièces pour les sens et l’esprit
  • 2019 : Encore la vie, collaboration avec l’ensemble Tactus

Extrait de presse

  • Le Collectif Petit Travers ou l’art du mélange

    Depuis Le petit travers (2003) jusqu’à Dans les plis du paysage, leur projet en cours, le collectif interroge les champs du musical, du chorégraphique et du théâtral. Un parti pris au risque assumé, voir revendiqué, d’une sorte de chaos inventif et contradictoire.

    Plus qu’une discipline ou une pratique, le jonglage est leur médium artistique. Un médium qui leur permet d’atteindre et d’explorer trois niveaux de sens et d’interventions, trois registres de travail et de représentation : musical, chorégraphique et théâtral.

    Depuis Le petit travers, leur pièce inaugurale créée en 2003 jusqu’à Dans les plis du paysage, leur projet en cours qui sera créée en septembre 2016 lors de la 17eme Biennale de la Danse de Lyon, le Collectif Petit Travers fondé en 2003 par Nicolas Mathis, Denis Fargeton, Céline Lapeyre et François Lebas puis rejoint en 2006 par Julien Clément, n’a eu de cesse d’interroger ces trois champs, les combinant et les juxtaposant sans relâche, à travers des partitions singulières et toujours renouvelées.

    Chemin de travers(e)…

    Si le collectif est aujourd’hui animé essentiellement par un duo, Nicolas Mathis et Julien Clément, tous deux à la fois interprètes jongleurs et metteurs en scène, c’est une identité composite qui le constitue et qui s’est forgée progressivement au fil du temps, des rencontres et des expériences. Ce qui frappe d’emblée en effet chez ce collectif et dans les pièces et performances à géométrie variable qu’il présente, c’est le mélange. Mélange des temporalités et des formats, des tonalités et des matières, croisements des parcours et des trajectoires, pluralité des approches et des esthétiques. En cela il est sans doute représentatif de l’époque contemporaine est d’un cirque postmoderne. Troisième volet d’une trilogie articulée autour de ce que le Collectif nomme « jonglage polyphonique », après Pan-pot ou modérément chantant (2009), et Les beaux orages qui nous étaient promis (2013), Dans les plis du paysage vient clore un cycle de recherche autour de la notion d’ »individu-paysage ». Au risque parfois -risque assumé et même revendiqué par les deux jeunes hommes- d’une sorte de chaos inventif et contradictoire, dans la forme comme dans le propos, entre légèreté et tragédie, fulgurances ludiques et méditations métaphysiques, trivialité de l’existence et envolées oniriques…
    Cela donne aux spectacles de la compagnie cet aspect étrange, à la fois séduisant et déconcertant, d’une demeure improbable, comme une auberge espagnole où cohabiteraient ensemble Rothko et Buster Keaton, Maguy Marin et Jean-Luc Godard, Samuel Beckett et Ligeti… De multiples influences et sources d’inspiration qui font écho aux diverses configurations qui caractérisent chacune des six pièces du collectif. Du bric-à-brac foutraque et quotidien dans lequel deux protagonistes tentent vaille que vaille de surnager au milieu de petites mais régulières catastrophes dans Le petit travers, à l’abstraction graphique et chorale qui unit sept jongleurs dans une chorégraphie millimétrée de lancers et de trajectoires rythmées par les sons du compositeur Pierre Jodlowski dans Les beaux orages qui nous étaient promis (2013), en passant par la petite forme ciselée d’une NUIT empreinte de magie et de mélancolie où trois jongleurs se croisent, se cherchent, s’esquivent et se défient à balles que veux-tu comme autant de corps insomniaques en proie aux désir et au manque.

    De la musique avant tout

    Les rythmes, les sons, le silence, les plages musicales et même la présence physique, palpable et incarnée des instruments de musique ont toujours été au cœur de la démarche aussi bien que de la matière artistique et de la personnalité des créations successives du collectif. Qu’il s’ agisse des personnages musiciens du petit travers, du grand piano à queue présent dans Pan-pot ou modérément chantant, ou de la traversée du répertoire baroque qui accompagne Le parti pris des choses (2004) le rapport de l’image et du son fait manifestement figure d’obsession dans chacun des spectacles. À cet égard, la collaboration avec le compositeur et musicien Pierre Jodlowski pour Les beaux orages qui nous étaient promis marque sans doutes un tournant important. Pour la première fois, un jonglage conçu comme une polyphonie rythmique se confronte à une création musicale en temps que telle.
    C’est sans doute dans cette pièce qu’ont été poussés le plus loin les dispositifs de la spatialisation du son de l’élaboration d’une « cartographie sonore » du plateau, par le biais de l’utilisation d’un cut-up musical consistant à prélever et à coller bout-à-bout des morceaux choisis dans le patrimoine musical pour générer du sens par le choc des esthétiques, des rythmes et des tonalités. Surtout, il s’agit là de travailler sur le rythme propre du jonglage en soulignant par le son ses temps « forts » (lancers, impulsions, points fixes) ou « faibles » (durée de la trajectoire, temps d’attente). Autant d’expérimentations à travers lesquelles le collectif a pu mettre au point une partition sonore conjointe à la partition visuelle du spectacle et conceptualiser son travail en fonction d’une appréhension pratique du rapport mouvant de l’image au son, une démarche qui constitue sa signature artistique la plus notable.
    C’est sans doute aussi à partir de ce travail-là -le mariage du son-image qui va donner naissance à une troisième instance, le mouvement, qui les relie l’un à l’autre- que le Collectif Petit Travers a pu développer et approfondir l’exploration de son dernier chantier qui est aussi l’argument central de sa prochaine création : « L’individu-paysage ».

    Jongleurs sous influences

    Co-imaginé par Julien Clément et Nicolas Mathis, formés au Cirque Plume pendant leur enfance, puis au Centre National des Arts du Cirque pour le premier et au Lido pour le second, Dans les plis du paysage creuse cette dimension et cette interrogation autour de la mise en situation du jongleur dans un environnement évolutif et agissant. Le « paysage » invoqué est en effet l’espace même du jonglage. Il s’agit d’un paysage scénographique et dramaturgique, un paysage qui ne serait plus un décor mais un horizon de magie et de jeu où les corps et les balles qui les relient apparaissent, se dispersent et dessinent des trajectoires et des schémas de circulation, de représentation, comme autant de métaphores des relations entre les êtres et le monde.
    Pour cette nouvelle pièce chorale qui met en scène sept jongleurs filles et garçons, la danse est ici envisagée comme une une transe, une forme de pulsation première, la scansion originelle du mouvement de la vie dont l’énergie se traduit par le martèlement et les vibrations de la batterie. Elle donne ainsi une assise terrienne au jonglage avec laquelle contraste la musique renaissance et les polyphonies vocales dont l’harmonie évoque a contrario le ciel. L’inscription du jongleur dans le paysage construit aussi du temps : Le temps d’un regard, d’un parcours, d’une représentation, transmis au public sous forme de sensation. Car le paysage est aussi le public dont la présence silencieuse n’en est pas moins essentiel à la construction de la forme théâtrale.

    Marc Moreigne

    Stradda 01•02•2016