le petit travers
Un petit travers c'est presque rien, un défaut léger, pardonnable. Deux musiciens névrosés se partagent une cave humide ; deux archivistes vivent reclus entre quatre murs de partitions. Question d'illusion, on s'installe dans un monde bancal, tout de guingois, tordu, biaisé, gauchi. Des balles qui rebondissent à côté de la plaque en quelque sorte. Plus de logique, plus de pesanteur. Histoire de déséquilibre où l'on cultive l'art de se rattraper in extremis parce qu'il est vital, au bout du compte, dans cette valse-hésitation entre dextérité et gaucherie de ne jamais savoir de quel côté ça va pencher.
Le petit travers est un spectacle théâtral, chorégraphique et jonglé, mettant en scène deux personnages gestuels, deux personnalités muettes.
Le petit travers construit une trame narrative à partir de douze saynètes, mettant chacune en avant un type de relation à l'autre, un certain rapport de domination,
de complicité, de tension….
Le petit travers traite de la solitude quotidienne provoquée par toute activité obsessionnelle, du huis clos dans lequel chacun vaque à ses occupations insolites, rendues banales par l'habitude, mais suscitant la curiosité de l'observateur extérieur.
Il donne à voir l'isolement engendré par la spécialisation, l'originalité.
Le petit travers traite de tropismes, de réactions élémentaires de l'individu aux causes extérieures. Des réflexes qui finissent par régir une bonne partie de la vie des personnages ; toute action étant le produit plus ou moins touchant d'une erreur d'un instant d'inattention, d'une absence.